Nocturne
Besoin de fraicheur (les orages de la journée n'ayant pas suffit à faire baisser la température) ...
Je propose donc à mon Homme d'aller s'aérer la tête au Parc de la Tête d'Or ...
21h00, nous arrivons par l'entrée du lac, et nous nous dirigeons vers la roseraie ...
Le jour décline, les branches des saules caressent mollement l'onde, les parfums des végétaux se font de plus en plus présents, les canards et les cygnes s'installent le bec sous les plumes pour la nuit ...
Nous marchons côte à côte, assez silencieusement. C'est un de ces silences qui nous unit, un de ceux qu'il faut savourer ... quel plaisir d'avoir le temps de ne rien avoir à se dire ... un luxe dans nos emplois du temps si souvent débordants ...
Un geste pour montrer une rose, un arrêt pour écouter le murmure lointain d'un train et dont un volatile (?) se fait l'écho, un sourire pour se sourire ...
Nous passons devant la clairière où, il y a presque 8 ans, s'était déroulé le pique-nique après les funérailles d'Alain ... 8 ans déjà ... dire qu'à l'époque je me donnais 8 mois à lui survivre ... peur de le trahir ... peur de me trahir ... le nous n'avait plus cours.
L'ange Alain déploie ses ailes et décolle de mon épaule, ce n'est plus un poids depuis longtemps ... plutôt une energie ... une fierté même.
Nous passons sur l'île du vélodrome et son train qui me fascinait enfant ...
Quelques notes chantées se fraient un passage entre les ombres des arbres ... rencontre irréelle avec un groupe de musiciens ... un clavecin ... un violoncelle ... vols de notes : envolée de notes volées !
La nuit est tombée, les ampoules au mercure des réverbères crépitent, une brise légère nous transporte en Afrique, odeurs de fauves, de primates et d'ongulés ...
Les lumières du restaurant du Parc me ramènent en 1988, le repas des 90 ans de ma grand-mère ... mon noeud papillon choisi pour l'occasion ...
Dans la pénombre je devine l'écusson floral de Lyon, une pensée pour son créateur que je compte fièrement au nombre de mes aïeuls ...
L'étang des flamants (pas si) roses (que ça ... la nuit c'est comme les chats !)
Nous longeons la maison d'enfance de ma mère, le buisson-décor de la photo de ses fiancailles, le manège de chevaux et les voiturettes à pédales ... le rire de ma soeur résonne encore sur les bancs du théatre de guignol ...
La pelouse des ébats ... 1971 : dis Papa, c'est quoi un zéba ... 2004 : vite à la maison, cette pelouse me donne des idées ...
Ce 23 juillet 2004, le bonheur était là, tangible et enveloppant ...
... Que c'est bon de vivre, que c'est bon de vieillir ...
Yom
24/07/04 - 02:30
Très joli post, Yom
J'aime bcp le "papa c'est quoi un zéba" très mignon !
sorty